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 faster (t)

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Caleb Potter
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MessageSujet: faster (t)   Jeu 15 Nov - 23:02

Les dessins des forêts s'éteignent comme un flash derrière nous. On transplanne et cette fois encore je m'accroche à son bras avec un arrière-goût de frustration. New York. Pour se sortir la tête des forêts, pour briser les barrières de cette immense prison, pour oublier un après-midi les anomalies qui me guettent dans ma solitude. Je souris et ne lâche pas pour autant son bras, cachés dans notre tannière de transplanage habituelle. L'idée c'est de se barrer de ces rues bondées de gens comme nous et de devenir deux inconnus chez les autres. Je remonte ma capuche sur mes cheveux et je la laisse, comme on a dit, pour prendre le chemin de cette pseudo-liberté qui me tend les bras. Dans quinze minutes au coin de Central Park, là où les no maj prennent leur café, dans ce truc là, à la devanture blanche et verte. Les rues de mon New York me manquent. Y'a un match de quodpot sur l'écran du pub où j'allais avec mes collègues. Mes yeux glissent un instant sur le résultat. Blindé. Odeur de thunder IPA qui m'attaque le visage. La ville brille de partout, même dans nos repères magiques. Il y a dans ces scènes banales une amertume qui m'attrape. Je me faufile comme un fantôme dans la foule qui s'agglutine. Yeux au ciel je me réchauffe de tous les souvenirs et y dessine les quelques anecdotes vécues ici et là. Ma main fouille, trébuche sur un paquet de cigarette dont je me sépare rarement. Briquet entre les doigts j'en anime la mécanique rudimentaire et m'amuse des flammes irrégulières. Puis, sans un mot et avec un mince sourire j'abandonne les rues de chez nous pour pénétrer chez eux. C'est terrible, New York, c'est comme voyager dans des recoins inconnus. J'oublie qui je suis et la magie qui ne m'effleure pas depuis quelques mois. Ici c'est comme être quelqu'un de nouveau. Agréable. Flippant. Excitant. La foule prend quelques secondes une sensation d'adversité avant que l'appréhension s'éteigne dans la fumée de cigarette. Starbucks, c'est ça que je cherche. Je vois le nom sur un gobelet et suis un groupe d'adolescentes qui le mentionnent. La ville est belle dans son ignorance de qui on est. Elle est belle dans son inconscience et dans le fait de pouvoir baisser ma capuche. Cigarette au bout des lèvres je m'appuie contre une barrière devant le coffee shop pour attendre Tess. Pas trop en harmonie avec tous ces gens qui courent. Je sais pas si j'ai envie de courir ou de marcher à contre-courant dans la foule qui frémit. Elle me surprend, même en l'attendant, la voir ici au milieu de toutes ces personnes qu'on n'identifie pas ça... a quelque chose de grisant. Quelle surprise... Je souris en lui attrapant la main. Rapide baiser sur une joue fraîche de début d'année. On fait quoi ? Mégot éteint. J'ai faim ! Pas toi ? Mes doigts croisent les siens et j'y retrouve les détours de notre complicité. Rassurante. Attendue. Ca soulage un pan de coeur bizarrement toujours comprimé.

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MessageSujet: Re: faster (t)   Sam 17 Nov - 21:11


un instant, le soupir d'un corps fatigué qui s'échappe contre la buée du véhicule tremblant. elle a traversé la ville avec difficulté le matin même. une journée, ils se sont dit, et tess s'est prêtée au jeu avec l'enthousiasme habituel qui se dresse sur son visage entre les yeux plissés et le sourire large. elle l'a laissé quelques blocs de béton plus loin, au derrière des grands vigiles de verre et d'acier qui se dressent en maîtres de la ville. elle a tenté plusieurs fois sur le chemin d'en apercevoir le bout ; ils semblent s'échouer au de la des nuages et ça la fait sourire. une journée. le froid mord ses joues déjà abîmées et, le nez emmitouflé dans une écharpe, elle avance d'un pas assuré en détaillant avec autant de discrétion que possible toute personne qui croise son chemin. cinq minutes et le sourire qui ne part pas à mesure que ses pas la rapprochent de lui après l'avoir abandonné. les arbres ont déjà tous perdus leur feuilles et ne cachent plus personne. peu la regardent sur son passage mais c'est suffisant pour qu'elle détourne les yeux. elle sort finalement du parc et le cherche du regard parmi la foule ; il ne faut pas longtemps pour le retrouver. le sourire encore plus grand. quinze minutes et pourtant la sensation de retrouvaille. ses lèvres sèches qui s'échouent sur sa joue et leurs doigts qui se retrouvent rapidement comme une mélodie trop jouée que l'on connaît par coeur, imprévisible et logique. je suis sûre que tu ne m'attendais pas là. et son pouce qui vient caresser le dessus de sa main tranquillement. c'est doux, ici dans l'ailleurs : le brouhaha ne retentit pas pour lui et ça apaise les coeurs. elle le regarde de toute sa hauteur, yeux complices et malice qui se dresse au bout des lèvres. si monsieur a faim... une journée. rien de plus. il y a dans la silhouette qui se dessine à l'aube du starbucks l'autrement innocent qu'ils envient en silence. une seconde et la pensée qui se chasse d'elle-même, elle commence à avancer tranquillement parmi la ville qui fourmille. c'est large avoir faim tu sais, il va falloir te décider. certains soupirent derrière eux et les dépassent, elle sourit toujours. contact rassurant de sa peau et elle qui ne fait trop rien à part le regarder pour apaiser le coeur, quand ses traits à lui se font calmes et sereins. bien loin de leurs guerres aux là-bas.

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MessageSujet: Re: faster (t)   Dim 18 Nov - 2:21

New York a toujours été compliquée. Les voitures font briller de partout les reflets des vitrines. Les parents courent sur leur téléphone, derrière des enfants qui rêvent d'attention. On s'amuse à jouer et déjouer les pronostics de la consommation à outrance. Tout ici crie au bonjour, au viens me voir, au oui tu en as envie. Je termine ma cigarette en attendant Tess. C'est bizarre ce soulagement d'être ailleurs, et pourtant si près de chez moi. J'ai l'impression d'avoir éteint un trop plein d'angoisses. Comme un enfant qui se laisse étouffer par les bruits autour. Mes yeux tombent à droite, puis à gauche, sur mes pieds, devant moi. Mais jamais de peur. Jamais l'attente de la seconde où tout déraille. Une journée. Une journée loin de la cabane, de la magie, de ma non magie. Une journée comme rien, comme elle et moi loin du nous qu'on était avant. Une journée comme une unité différente. Une journée comme un demain, sans effroi du moi. Tess est là et son sourire est beau. J'embrasse sa joue, j'attrape sa main. Ca semble normal, maintenant, ce qui ne l'était pas forcément là-bas. T'es arrivée d'un coup, on aurait dit... de la magie. Je sens mes fossettes se dessiner en un sourire. Yeux dans les yeux, quelques instants, puis l'agitation autour qui reprend, attrape nos regards, pousse nos corps-statues dans cette marée de vie. On avance, sans se lâcher. C'est bon, ce pas de questions. Je serre mes épaules dans mon sweat, regarde plus loin les devantures des boutiques. C'est très no-maj, cette foule qui se réunit devant un unique guichet de hot dog. Pas de stress. Main serrée. Je te dirai quand je vois un truc qui me tente. Je crois que c'est ce que j'attends de cette pause qu'on s'est autorisés. Arrêter les questions et jouer le hasard. Être un peu du Caleb passé, le mec tranquille qu'elle me décrivait souvent. Tess comme l'électricité, et moi comme la rivière qui coule. Je la traine dans un disquaire. Chez moi on se perdait souvent dans des vieux vinyles. Ca sent la poussière, ça sent l'enfermé, ça sent les platines qui crépitent. Le parquet craque sous nos pieds d'enfants-adultes excités. J'abandonne ses doigts, retrouve les déchirures de pochettes usées, fouille, plisse des yeux, déchiffre, parfois devine. Chercher un disque c'est comme lire le dos d'un livre en silence. Je pose le vinyle sur la vieille platine et enfile le Marshall pour laisser le jazz éteindre un instant le décor. Puis je fais un signe à Tess pour qu'elle se rapproche, abandonne le casque et le pose sur ses oreilles. J'attends son sourire, tout près, face à elle, mains enfilées dans les poches de mon sweat. Surtout, surtout content d'être ici.

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MessageSujet: Re: faster (t)   Jeu 29 Nov - 22:14


ses yeux contre son coeur et la main contre sa peau. ils ont les sourires des enfants des cours de récréation dont le monde fourmille autour dans un bruit de fond indicible. l'agonie de l'urgence se dresse derrière les épaules droites de caleb, au dehors d'eux comme on observerait la pluie d'automne à travers une baie vitrée. pas l'ombre d'un moment de peur quand leurs sourires se répondent et qu'elle serre encore un peu ses doigts entre les siens, comme pour dire, je suis là, je ne bouge pas, toi non plus. la ville cacophonique dans la cohue à laquelle ils se soustraient difficilement ; on les frôle, les bouscule parfois, et ça ne fait rire que des corps qui s'entrechoquent dans le ballet haletant du new-york qu'elle aime parfois, qui l'étouffe souvent. c'est dans les traits de son visage un instant relâchés que réside le soulagement de la ville, l'assurance une seconde qu'ici, tout va bien. ses lèvres contre sa joue et elle qui enchérit, bout du nez qui se glisse dans son écharpe. n'est-ce pas, une vraie sorcière... ses pommettes entravent presque ses yeux lorsqu'elle lui sourit, et leurs mains se serrent un peu trop pour ne pas témoigner d'amour. la cohue s'arrête à l'aube de magasins, s'engouffre dans une bouche de métro, plus loin. tess fronce les sourcils un instant en observant les corps qui se chahutent et disparaissent au bout des escaliers. c'est étrange, ce monde qui tourne sans que les regards ne s'arrêtent, sans la pesanteur des pupilles sur ses épaules taillées au couteau. elle se laisse entrainer sans rien dire dans une rue un peu moins bruyante, de là où on n'entend presque plus le bourdonnement de l'agitation. caleb a déjà passé la porte d'une boutique sans qu'elle n'en voit la devanture. odeur inconnue qui vient chatouiller ses narines, à mi-chemin entre les cartons poussiéreux et de l'avant d'un autre monde. elle sourit simplement à l'observer déambuler et s'arrêter devant les bacs de bois qui s'alignent en horizons usés. elle reste un instant au pas de la porte à le regarder, enfant d'un instant, puis se rapproche sans un bruit. à peine l'a-t-elle rejoint qu'il pose le casque sur ses oreilles. elle sourit presque aussitôt que les notes lui parviennent, yeux clos de l'autre monde qui leur réussit dans l'intimé de l'ailleurs qui ne les connaît pas. elle glisse le casque autour de sa nuque et plante à nouveau ses yeux dans les siens. c'est donc ça qu'écoute caleb potter. elle a reposé le casque et laisse à son tour ses doigts parcourir les grandes pochettes, certaines usées, d'autres en très bon état. les unes après les autres, les images s'entassent contre la paroi du bac sur laquelle elle est elle-même appuyée jusqu'à ce que l'une d'entre elle retienne son attention. j'aime bien, mais pas de place à la surprise. ça va bien avec ton look de mec maudit... elle sourit, moqueuse, échange les vinyles sur la platine et glisse le casque sur ses oreilles. aucune idée de ce que c'est, la pochette était sympa, je te laisse découvrir à ma place. elle fait volte face et s'enfonce un peu plus dans la boutique, laissant caleb seul face aux mésaventures hasardeuses de la platine. au fond, le grésillement d'une seconde qui laisse place à des notes qu'elle croit reconnaître, qui s'enflamment très rapidement et lui décrochent un sourire. les notes d'un prince qu'elle reconnaîtrait parmi mille. elle fredonne doucement en s'avançant, s'arrêtant devant l'un des bacs, concentrée. les paroles lui reviennent difficilement à l'esprit, et la lueur orangée des lampes d'appoint lui rappellent les soirées d'été étouffantes au bayou. encore le sourire de l'ailleurs tandis que ses doigts font s'entasser frénétiquement les images des pochettes à nouveau.

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MessageSujet: Re: faster (t)   Sam 8 Déc - 11:32

La ville est hostile pourtant c'est facile, d'être ici. Personne, vraiment personne, pour mettre un nom derrière nos visages. Pour le vieillard on est les deux jeunes, pour le gamin qui tient la main de sa mère on est les deux adultes. Deux visages simplement, deux mains qui se tiennent très fort, deux sourires qui se rencontrent et s'accrochent. J'essaye de mémoriser ces images parce qu'elles ont un arrière-goût d'exclusif, de rareté, de plus jamais. Tess, je la traîne dans un vieux disquaire. C'est pas vraiment réfléchi et ça m'interpelle. Chez les Potter on a toujours écouté de la musique, souvent en fond sonore devant la cheminée, moi toujours dans les recoins de ma petite chambre. Ca sent le vieux, la poussière, ça sent l'usé. Un parfum de déjà-vu, d'assurance. Loin des grands lieux de fête que j'avais commencé à fréquenter tout au long de mon adaptation à la grande sphère sorcière. Ici c'est simple, c'est pas pour tout le monde, c'est pour les gars comme moi qui quittent les grandes avenues - trop bondées, trop bruyantes, trop électriques - et se nichent dans la noirceur de l'arrière-ville. C'est pour ceux qui n'ont pas envie de se tenir droits, de faire jouer les épaules et de s'imposer. C'est pour les autres, ceux qui n'ont pas envie de faire de bruit, qui ne veulent pas qu'on parle d'eux. Je scrute son visage, son regard fixe, ses lèvres qui s'échappent en l'ombre d'un sourire. J'approche un instant mon visage du sien, mon oreille du casque, discerne quelques notes et m'éloigne à nouveau. T'es en train de dire que je suis un cliché ? je fais semblant de m'offusquer  en haussant un sourcil. Facile pour un Potter de jouer au maudit. C'est pourtant tout ce que j'ai voulu fuir, pendant longtemps. Fuir ses questions de pourquoi, casser la barrière entre 'eux' et 'moi'. J'en étais pas si loin.
J'en étais pas si loin. J'y peux pas grand chose si mon coeur se serre un instant. Je glisse le casque sur mes oreilles et regarde Tess s'éloigner. Mes yeux tombent sur la pochette, je connais pas. Ca sonne tout doux au début, un peu comme les notes du soleil. Autour de nous des gens vont et viennent, ça absorbe trop facilement mon attention et je finis par fermer les yeux. Concentration sur mes inspirations et sur les mélodies. J'augmente le volume. J'ai besoin d'être étouffé par la musique, un peu comme si tout son poids écrasait mes tympans, mon corps et m'embarquait dans un quelque part qui n'est pas ce disquaire, qui n'est pas new york, qui n'est pas l'amérique. J'attends que ma nuque s'affaisse, que mes épaules retombent, j'attends le moment où j'arrête de me concentrer sur mes inspirations. Et la musique s'arrête. Je me sens détendu en enlevant le casque. Mes yeux captent la silhouette de Tess qui se dandine lentement dans le fond de la boutique. T'es beaucoup trop pop pour moi. je glisse à son oreille quand mes mains encerclent ses hanches. Y'a des souvenirs qui reviennent, de soirées trop courtes aux corps trop légers. De fêtes pendant lesquelles elle réussissisait à me trainer au milieu de la foule dansante, avant qu'on ne se dérobe définitivement à ce trop de monde pour s'enfermer dans notre danse à nous. La dernière fois que j'ai bu avec quelqu'un, que je me suis retourné le coeur, c'était avec Aurore dans un bar des villes pas loin de chez nous. Ca n'avait rien de beau et de mélodieux. Ces soirées là me manquent, les soirées d'avant. J'abandonne ses hanches et reprends sa main. Go ? Je pince sa joue avant de l'attirer contre moi avant que l'on s'échappe.  

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MessageSujet: Re: faster (t)   Dim 16 Déc - 23:32


ses yeux qui brillent un instant et disparaissent quand elle détourne le visage pour observer ses doigts qui courent contre sa main. les sourires d'enfants qui s'évanouissent dans un non, non c'est pas ce que j'ai dit... qui s'évanouit à mesure qu'elle s'enfonce de le magasin, abandonnant la course contre sa peau.
ça ramène des souvenirs, les notes qui s'enchainent dans une harmonie parfaite. elle sourit, de son sourire radieux que l'on peut observer à l'autre bout de la pièce, qui s'éteint sur un instant de concentration quand elle peine parfois à retrouver les paroles d'une chanson pourtant tant fredonnée. les mains calleuses qui entourent le visage et les lèvres pulpeuses contre le front. ça rassérène, les souvenirs. de cette douceur orangée qui embaume le magasin d'un ailleurs aux goûts sucrés. l'odeur poussiéreuse parvient à ses narines et s'intensifie à mesure  que les vinyles s'accumulent contre le bac quand elle les passe un à un. elle redresse le regard quand ses mains à lui viennent s'échouer contre sa taille. il est un peu plus grand qu'elle et son nez s'échoue contre sa joue. un rictus s'échappe d'entre ses lèvres qui viennent se poser contre son visage. et toi beaucoup trop sérieux pour moi, quelle équipe. elle s'est retournée pour l'embrasser, bras autour de sa nuque. un silence d'un instant et le temps d'observer son visage dans le silence de ses traits souriants. pause parmi la guerre. les lumières oranges ont commencé à se dresser sur son visage. quelques secondes, et il repart déjà après avoir attrapé sa main. elle acquiesce d'un hochement de tête sans rien ajouter. il y a dans l'insouciance de ses mots le repos de sa culpabilité à elle, et le souffle qui se calme quand elle le suit, se faufilant entre les rayons. le froid saisit son visage et elle remonte son écharpe jusque son menton de sa main libre. quelques secondes guidée dans le silence. elle le suit comme elle l'a déjà fait : yeux fermés doigts accrochés. elle revient à sa hauteur après peu de temps et ils rejoignent rapidement l'avenue sur laquelle ils étaient quelques minutes auparavant. ça grouille toujours, ici. les bruits lui sont revenus et elles fronce les sourcils avec une moue boudeuse. potter, je ne sais pas où tu vas, mais loin du bruit s'il te plaît. devant et derrière eux, des corps qui s'agitent et s'échouent dans les bâtiments tous de béton ou les bouches de métro. ils se sont arrêtés devant la route et tess observe avec toujours autant d'intrigue le mouvement répétitif de la marée humaine. dans une cohue indicible se dressent les parcours tous tracés d'un monde qu'elle ne connaît que de loin. elle sourit, un peu, entame elle aussi un parcours hasardeux, se faufilant aussi rapidement que les autres en imitant leur rythme. elle croit reconnaître une rue, s'y engouffre sans trop de conviction. quelques devantures de boutiques sont allumées et ils passent devant sans trop s'y arrêter. elle finit par s'arrêter seulement une fois qu'ils se retrouvent face à l'entrée d'un parc devant lequel plusieurs stands de nourritures se sont installés. elle pose nouveau ses yeux sur son visage, loin de l'agitation. encore faim ?

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MessageSujet: Re: faster (t)   Sam 22 Déc - 23:40

Tout va si bien que c'en est trop simple. Les lèvres qui s'accrochent dans la pénombre d'une boutique, ça crée le souvenir présent de films passés. Mains posées sur ses hanches, qui remontent un instant, serrent fort l'amour d'aujourd'hui. C'est beau, un pays sans guerre, deux personnes qui s'aiment et qui oublient le dehors, la ville, leurs villes, leurs vies. J'entraîne Tess dehors de peur de me faire voler les secondes d'un moment où tout va. Les astres sont alignés, je me prends à croire à ces conneries, à déchiffrer le pourquoi du comment des étoiles, à écouter les vieilles prédictions dictées à la radio sorcière. Les nuit sont longues dans la cabane, longues de l'attente d'un quelconque dénouement, celui qui m'innocentera définitivement du meurtre de la jauncey, celui qui m'expliquera avec certitude le déroulé des évènements noirs que j'imagine et cauchemarde trop souvent. La ville nous retombe dessus mais j'oublie le bruit et m'accroche aux images. La frénésie me manque, j'avoue. Ca faisait bien longtemps que je ne me retrouvais pas en retraite forcée. Avant, le relâchement c'était synonime de vacances, et il ne se matérialisait que par un relâchement des livres et de la magie pour se compenser avec une contrainte omniprésente de l'effort physique. Tess m'a suivi plusieurs fois, là-haut, pas loin des nuages, dans mes tentatives utopiques de m'approcher des cieux. Je la laisse guider. Bizarre, je me dis, cette façon qu'on a d'éluder gentiment tous les non-dits qui pèsent pourtant dans un coin de nos têtes. La ville est envahissante, elle réveille un sentiment d'amertume. Les gens courent et moi aussi je veux courir, je veux regoûter à l'anxiété des missions, à l'excitation des réunions, à l'épuisement des entraînements. Je veux me retrouver comme ces types que je guette autour de moi, à sortir du taf exténués mais avec la sensation de l'accompli, le goût sucré de la liberté au bout des lèvres. Quand on arrive au parc, il n'y a pourtant qu'un sentiment pesant qui me serre la gorge. A défaut d'avoir encore un taf, c'est surtout mes coéquipiers qui ne sont plus là. Aucun.
Tous, disparus. L'ambiance est complètement différente ici. A nouveau une parenthèse de calme au milieu de la guerre. Je hoche la tête sans vraiment faire attention à sa question. On avance et je suis les stands du regard. Il fait beau et froid pour un mois d'octobre, je relâche sa main et j'attrape une cigarette. Lui en tend une. J'ai mal au crâne, d'un coup. Je le sentais venir depuis quelques minutes et comme toujours, ça éclate. D'habitude, c'est la nuit. Je me réveille, m'accroche un instant à mon lit avant de perdre la notion du moment. J'arrive maintenant à comprendre que dans ces débuts d'inconscience je me lève et disparais. La première fois c'était ce soir avant l'arrivée de Tess. Depuis c'est régulier. L'oubli. Je m'en veux de pourrir notre parenthèse de calme par le retour en coup de poing de cette putain de malédiction. Mais j'ai même pas vraiment la possibilité de m'en vouloir, parce qu'à l'instant présent il n'y a plus rien autour de moi. Il y a moi, ces matraques contre mes temps et le noir tout autour. Mains serrées contre mon front, la cigarette qui fume entre deux doigts, je cherche le bon sens qui m'amène à m'éloigner, m'approcher d'un banc les yeux fermés. La voix. C'est la première fois qu'elle s'infiltre dans ma tête en pleine journée. Je comprends rien, je l'entends juste. Mes dents grincent à force de serrer ma mâchoire et le sang tâche ma langue. Putain. J'entends une voix, différente. Celle de Tess. Concentration, combat, concentration, combat. C'est ce qu'on se disait, avec les autres. La tête avant le corps. A défaut d'avoir la tête je sais que mon corps est toujours là, ancré sur ce banc, au milieu du parc. Et c'est ce genre de conneries qui me raccrochent à la réalité. J'ouvre les yeux face aux yeux rouges d'un chien noir qui s'éloigne. Puis rien. Cette fois je suis toujours au même endroit et pas blessé au milieu des forêts. J'ai enfoncé mes ongles si fort sur mes temps que leur bout est sale de sang. Je tourne mon visage vers Tess, mâchoire bloquée d'un entre deux. La honte et la colère. La colère, plus que la honte. Ca sent le brûlé., ça m'effraie. A moitié. Parce qu'au centre de cette appréhension j'ai un arriège-goût de culpabilité. On s'en va. Tout de suite. C'est ce que j'essaye de lui dire, du fond de ma gorge nouée.

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MessageSujet: Re: faster (t)   Sam 29 Déc - 14:12


mélodie douce d'une cohue étrangère. on ne les connaît pas, ici, les visages ne s'arrêtent pas sur leurs traits effacés dans la foule, les murmures ne se dressent pas à l'annonce de mains qui se tiennent ou de corps qui se rapprochent. aucun bruit quand il saisit sa taille et la serre fort contre lui, toujours pas lorsqu'ils sortent du magasin et viennent rejoindre à nouveau les grands boulevards. le froid automnal saisit de nouveau son visage qu'elle dissimule derrière son écharpe. rapidement ils se soustraient à l'agitation, et quand elle pose à nouveau ses yeux sur son visage, la légèreté qu'elle lui avait découvert a déjà disparu. elle ne dit rien, accepte la cigarette en hochant la tête et l'allume sans le quitter du regard. pièce à deux faces dont la plus sombre resurgit, parfois sans crier gare et sans prévenir. des mouvements un peu plus tendre, un sourire qui se veut rassurant, et caleb qu'elle ne retrouve pas lorsqu'elle cherche son regard. il y a dans le calme de ses silences l'alerte inquiétante familière. ses doigts encore accrochés au sien, elle les resserre, lui demande si ça va. pas de réponse. il abandonne ses doigts pour venir encadrer son visage et elle s'approche, pose sa main contre son épaule. douleur violent et muette qui se lit sur ses traits crispés, yeux fermés. ses doigts encadrent fermement son épaule et elle interroge toujours, sans y parvenir. voile opaque qui se dresse devant ses yeux et le coeur qui s'agite, elle l'observe dans le silence finalement tandis que d'autres s'arrêtent devant eux, les observent. c'est étrange, les yeux qui retrouve l'intrigue et le mépris dans l'ailleurs. elle ne le quitte pas et reste près de lui quand son souffle commence à imiter le sien de panique. ça dure quelques secondes, il rouvre les yeux, les referme, elle finit par tenter de le rassurer tant qu'elle le peut du haut de ses mots tremblants. quand elle parvient finalement à capter son regard, ses mots à lui frappent contre son coeur, et aussitôt elle l'aide à se relever, l'entraînant dans une rue sans passage et silencieuse, là où plus personne ne les observe. un long soupir s'échappe de ses lèvres avant qu'elle ne vienne embrasser sa tempe découverte. les muscles sont tendus et le corps tremble, et pourtant, aussitôt que possible ils disparaissent de la ruelle, s'échappent sans un bruit du new-york terrain de leurs guerres qu'ils laissent derrière eux.

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