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 scrying deals (brygida)

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Izar Fischer
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MessageSujet: scrying deals (brygida)   Ven 12 Oct - 1:27


seering
Brygida & Izar

Douce lumière vespérale, dont l'or liquide vient nimber la peau, pare de ses chaudes lueurs d'espoir celui qui voit du noir.
Le pas un peu rapide, l'évasion subtile. Percer la grandeur des halls et des couloirs, vite, pour se retrouver dehors. Les premiers jours de retour à Ilvermorny sont les plus durs.
Les sens submergés, débordés par toutes les informations reçues dans la masse des élèves. C'est plus simple pour eux : ils n'ont pas, dans la tête, les murmures, les cris des voix silencieuses ; ils n'ont pas, devant les yeux, les ombres de silhouettes qui se devinent et qui s'imposent. Spectres rodant à la périphérie des regards, fuyants les regards à peine la tête tournée. Fantômes envahissant en quête d'attention. Les intuitions qui se multiplient et qui se brouillent, nombreuses à errer dans la brume.
Ré-acclimatation paresseuse, qui traîne dans la lourdeur du changement. Difficile à éloigner. Ca viendra, il le sait ; ça vient un peu plus vite chaque année. Ca passe déjà, un peu, à mesure que les jours passent ; à mesure que ses pas l'éloignent du château, le portent dans le parc.

Douce lumière vespérale, qui tombe et qui se fane, or terni de vestiges d'un autre temps. Reliques qui persistent, d'une beauté depuis longtemps oubliée. Qu'on devine encore, malgré les normes changeantes.
L'air, enfin, atteint librement les poumons, s'épanche dans les bronches. Les paupières un instant papillonnent, l'inspiration languide. Soulagement inhérent à s'éloigner des cohues, des amas, après la journée passée à s'y noyer. Même le club de lecture, le refuge des livres et de conversations tranquilles, n'a pas tenu le rôle de l'oasis.
Il contemple, curieusement, le soleil au centre du parc, décide de suivre l'impulsion jusqu'à l'autre jardin. Marcher lui a toujours fait du bien.
D’Hélios, passer à Hécate. Lui, poursuit Eos dans sa descente d'une Olympe lointaine.
Quelques rares élèves profitent encore du calme de l'extérieur, des derniers rayons qui baignent les visages et la douceur des sourires échangés. Quelques rares regards le suivent, curieux de la solitude apparente et des foules de mystères qui l'entourent, devinées aussi bien qu'imaginées. L'indifférence offerte, le regard perdu sous la casquette. Il erre dans ses pensées, Izar, étoile perdue sans son bouvier.

Douce lumière vespérale, sous l'horizon immolé. Rougeurs sauvages, de guerres et de volupté qu'il ne sait ni craindre ni apprécier, tout juste deviner. Innocent derrière les barrières et les airs de mystères.
Le murmure inaudible d'une conversation soufflée, l'attention comme un aimant attirée. Insensé, pourquoi celle-ci plutôt qu'une autre, alors qu'il veut les éviter ? S'évader des voix qui l'envahissent ? Quelque chose l'y pousse, le chant d'une sirène, grimé. Viens. Que ça chuchote. Le soupir s'échappe, presque incongru, à son encontre. Depuis longtemps, il a abandonné la belle idée de logique.
Suis-moi. que ça l'enchante, et il écoute, malgré lui. Partagé. Le murmure croît, la conversation enfle sans lui offrir plus que des bribes d'un autre temps. Evidemment. L'éclat d'un rire fantomatique, comme si de lui on se moquait.
Et c'est la fuite, il peut presque distinguer un quelque chose qui s'éloigne en même temps que le son. Difformité invisible de l'air même, quelque chose qui se meut sous les tissus fragiles du présent et de la réalité.
Il tourne la tête. Au détour du champ de vision mutilé, la silhouette familière, bien réelle, de celle qu'inconsciemment il cherchait.

Douce lumière vespérale, qui la ceint et la couronne. Ca souligne les ombres impératrices, le tranchant des angles ciselés, plutôt que de l'illuminer. Ca l'orne de lames, d'armes à la place des bijoux. Il la pense comme lui, créature d'obscurité ; il l'imagine plus que lui, reine dans ce royaume couleur de nuit.
L'attention, maintenant, est toute entière captée. Certains muscles tendus, d'autres délassés Pas étonné par le hasard, pas effrayé non plus par ce qu'elle dégage. Rassuré de trouver quelqu'un qui comprend sa difficulté. Prudent, pourtant, pas du genre à ignorer la dangerosité immanente des Strugatsky.
L'oeil, calme, la dévisage. Des instants de silence qu'il laisse filer sans précipiter leur fin imminente.
« Brygida, » finalement, qui ose doucement. Sur les lèvres la légèreté d'un sourire. « Je crois que je te cherchais. » L'incertitude, la réalisation tardive. A moins que ce ne soit elle ? Autour d'elle, pas besoin de s'encombrer à censurer les paroles cryptées, à frôler l'occulte. Pas besoin de s'expliquer. Elle sait.


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MessageSujet: Re: scrying deals (brygida)   Mer 24 Oct - 0:13


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Brygida & Izar


A l'horizon, le soleil se meurt et peint le ciel de ses derniers éclats carmins, baignant le visage des étudiants qui paressent encore sur les pelouses de lueurs sanguines.

Assise en lotus sur l'une des nombreuses tables qui parsèment le parc, celle-là même ayant servi de lieu de rencontre pour les qualifications du club de duel, Brygida profite du spectacle de la lente agonie de l'astre solaire.

Elle accepte le changement d'atmosphère et d'énergie avec délectation, quoi que teintée de légers remords, l'aura chaude et mordorée des lieux l'engourdissant assez pour délaisser un instant ses inquiétudes.

Elle se gorge des vestiges de lumière et de ses débris iridescents, elle qui préfère le lourd drapé nocturne se trouve pourtant momentanément plus apaisée qu'elle ne l'a été depuis plusieurs mois.
L'esprit ouvert, par fantaisie, se laisse bercer d'un murmure enivrant, bas et puissant, qui entraîne son cœur de ses saccades rythmiques.
Elle ne sait à qui appartient la voix, présence dissimulée qui parcoure les méandres de son esprit, corridors aux portes ballantes et branlantes, balayé par des courants d'air qui font claquer les battants à leur gré, incapables de rester fermés.

Au travers des entrebâillements, le perceptible se confond.
L’indicible prend forme et se meut, se mêle à la réalité, s'entremêle dans ses contours et la défigure, à la fois plus nette et plus obscure. Ce qui est, est et n'est plus, ce qui n'est pas, un peut-être.
Des mots encore dénués de sons ont plus de sens et de pouvoir sur le présent que le moment lui-même, alors que leur porosité les rend à peine déchiffrables pour qui sait écouter et combler le silence.

La mélopée s'interrompt dans les couloirs désormais déserts, quand une silhouette fait son apparition à ses côtés. Auréolé de dorures, héritage solaire offert dans un dernier baiser alors que le crépuscule renaît, l'un des siens, aussi contraires soient-ils, est venu à sa rencontre.
Peut-être est-ce elle qui l'attendait.

Le silence s'étire, plus empli de savoir qu'un long discours - sur l'incertitude de ses pas et la certitude de leur direction, et elle le laisser filer entre ses doigts, habituée à l'insaisissable.

A son nom, si rarement prononcé de la sorte, une distante familiarité et pourtant un écho certain de leur ressemblance, elle se contente de répondre par le sien, un fin sourire donné en échange de celui reçu.

« Izar. »

Sa remarque conforte le sourire sur ses traits. Quel chemin avait-il emprunté pour arriver à elle ?

C'est un sentier hasardeux celui qu'ils arpentent. Un chemin de murmures et d'ombres, de songes et mensonges. Sait-il que les voix ne soufflent pas que la vérité ? Que leurs mains, ni présentes ni absentes, peuvent se saisir de la chair des imprudents ?

Leur ouvrage est pénible, une quête consciencieuse et absurde, l'interprétation de l'invisible, de ses facettes infinies, pour envisager sans évidence la trame du destin.
Les questions se multiplient et les possibilités frôlent l'infini alors que les certitudes ne font que naître de nouvelles questions

« Maintenant que tu es où tu te dois d'être, connais tu la raison de ta présence ? »

Le ton est amusé mais sérieux.
Peut-être est-ce elle, la raison. Elle l'envisage et garde cette possibilité pour elle, déjà cachée en son sein, déjà installée sur la table d'examen, prête à être décortiquée, déjà source de remise en question.

Son visage ne trahit rien de ses interrogations, en surface aussi ouvert qu'il y a quelques secondes. Sait-il qu'une porte qui ne se ferme pas peut soustraire au regard tout autant de serpents que la plus sombre des pièces closes ?
Certaines leçons s'enseignent d'elles-mêmes et s'il existe en lui des secrets qu'il ne souhaite voir émerger en pleine lumière, il l'apprendra tôt ou tard.

Bien qu'elle se refuse à davantage qu'à l'aiguiller dans sa progression, elle n'en demeure pas moins curieuse de son état.
Les yeux se font scrutateurs, dévisagent le faciès de son benjamin à la recherche de la bribe d'émotion, du trait traître qui décèlerait la faiblesse, l'information qu'elle recherche.

« Comment se passe l'acclimatation cette année ? »

Le ton est doux mais sans appel, habillé de la fermeté de ceux qui ont l'habitude de parler pour être écouté.
Elle ne saurait accepter d'être témoin d'une disparition de la sorte, leur trace bien trop facile à perdre dans leur propre existence, dernière apparition fugace au détour d'un embranchement, avant de s'évanouir dans les replis de leur esprit.

Sincère inquiétude pour le jeune homme, novice dans l'exercice de son art, ou simple projection de ses propres peurs, de l'errance qu'elle sait toujours proche, derrière une embrasure, tapie. A moins qu'il ne s'agisse d'évaluer l'avancé d'un potentiel allié, d'un ennemi.

Il n'y a ni de vrai, ni de faux. Les deux coexistent dans une unique linéarité.


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Izar Fischer
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MessageSujet: Re: scrying deals (brygida)   Jeu 25 Oct - 2:27


seering
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Au commencement, il y a les voix. L'échange indispensable du mystique pour le réel. La disparition des formes errantes sur le fil, sous les fragiles tissus de la réalité - de ceux qui tissent sûrement l'incroyable cape de la Faucheuse. Un soir comme celui-ci, probablement, où la tremper dans les eaux moirées par l'incendiaire couchant du Styx et de l'Achéron.
L'apparition aussi douce qu'elle est brusque, oxymore devenu norme. Elle a la soudaineté du fantôme qui traverse le mur juste devant soi, alors que le temps a probablement filé, le soleil coulé depuis qu'elle est là. La faute au champ de vision tronqué, à l'attention enfouie dans un monde secret.

Muets, les silences s'échangent. Languides, ils se mêlent et se répondent, conversent sans besoin de parole. Dans l'espace qu'ils laissent, c'est tout un univers qui s'étire. De ceux à leur appartenir, connu d'eux seuls, perçu juste par eux. Des milliers de possibilités, de destinés, de mystères se croisent et s'entrecroisent, tissés à la manière d'une infinie toile d'araignée. Fragile, subtile, qu'un rien suffit à faire changer. Résistante dans la base qu'elle offre à la construction de leur présent, dalle de leur réalité.

Les sourires se murmurent, les prénoms s'offrent en transparence, testent la tangibilité du moment qui se crée. Plus qu'une salutation, une reconnaissance. Sa question amuse les lueurs dans l'oeil, pousse le sourire dans un mystère mutin. « Sait-on jamais véritablement la raison des êtres et des choses ? » Renvoi naturellement rhétorique. Presque une blague de voyants, de ceux qui savent qu'on ne sait réellement rien. Qu'il n'y a bien souvent que les possibilités et les hypothèses. Encore plus, peut-être, en ce qui les concerne, ceux qui voient et qui entendent, qui perçoivent les murmures de voies de l'univers.
La réponse s'y cache. L'incertitude. Ca pourrait tout aussi bien être elle qui l'appelait. Ca pourrait tout aussi bien être la rencontre lointaine de leurs esprits qui se trouvent et réalisent pour eux qu'ils ont à ce parler. Des forces invisibles qui décident pour eux.
« Et toi ; tu m'attendais ? » La question tout de même posée. Peut-être qu'elle sait, en ce qui la concerne. La position qu'a son corps parle d'immobilité. Les jambes en lotus nouée, de point un instant fixe dans le courant.

Ses yeux le scrutent et il offre son silence en réponse. Il offre la même contemplation muette en retour, déchiffre lentement les lignes de son visage comme un autre le ferait de sa main. Il ne s'inquiète pas vraiment de ce qu'elle pourrait trouver. Pas de noir secret, si ce n'est d'un passé honnis, subit qu'il ne cherche pas vraiment à cacher.
Il n'y a que la noirceur des pensées, le bruit noir des voix, de la pollution spectrale et temporelle de l'antique château et de sa population. Pas vraiment un secret, pas pour elle en tout cas. Il a décidé de ne pas le traiter en faiblesse. L'attention fuiante trop habituée à déceler les signes du danger pour ne pas s'alarmer s'il s'approchait. L'attention bien présente en cette instant, dans cette danse inaudible, mélopée invisible.

La question justement posée. La légère moue plus parlante que tous les mots et les silences. Elle sait sa difficulté. « Elle... passe, » les lèvres se tordent, subtiles, volontairement. Elles marquent le mitigé, il explicite pourtant en un soupir. « C'est toujours difficile, les premiers temps. Un peu moins à chaque fois, cela dit, ça s'apprend et c'est plus facile à ignorer ou repousser, lorsque besoin est. » Les épaules se haussent, décontraction semi-mimée, un peu forcée. L'oeil redirige le regard sur son visage, étude attentive des ciselures incendiées, baignées d'ombres et du feu mourant de l'astre d'Hélios. Il oriente sa tête de cette manière un peu particulière, qui prend parfois de court certains, pour lui offrir la vision la plus claire. Un peu au travers des cils, tout de même, manière de dissimuler les reflets laiteux de celui à moitié mort - qui voit, pourtant, les sujets du royaume Intangible.

« Et pour toi ? » L'audace innocente, il se risque à demander. Non pas qu'elle admettra une faiblesse, mais le velouté de l'intonation laisse entendre le respect et la sollicitude. Ils ont la relation particulière de ceux qui en l'autre se retrouvent ; de ceux qui, dans leurs dissemblances se ressemblent. La proximité malgré la distance. Un fil. Comme celui sur lequel ils marchent au milieu du chaos de l'univers. « Qu'est-ce qui t'aide à te refaire efficacement à tout ça ? » La question habilement redirigée, qui pourtant n'efface pas la précédente. Machinalement, il suit la vapeur d'une silhouette bavarde du coin de l'oeil, comme pour se prêter à la démonstration.



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Dernière édition par Izar Fischer le Mar 27 Nov - 1:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: scrying deals (brygida)   Dim 25 Nov - 16:12


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Le soleil a disparu de l'horizon, les laissant seuls avec son ombre pour les éclairer. Ses yeux fixent le ciel lointain, ou plus loin encore, ou juste rien, avant de lui répondre de la badinerie avec laquelle ils traitent du destin :

« Uniquement quand il est déjà trop tard. » et qu'on daigne leur accorder une telle clarté. Lumière factice qui n'amène à rien que ce qui devait être, lumière factice arrachée des ombres au prix d'efforts inutiles d'une fin immuable.

Paradoxe de leur don et de la vie ; jalonnée de choix, de doutes, d'incertitudes et de possibilités infinies, et pourtant, parsemée le long de la voie - à moins qu'elle n'en soit entièrement pavée, invisible à leurs yeux étourdis par les probabilités - de certitudes, vérités ancrées dans la roche que toutes leurs actions n'altèrent mais précipitent, et sur lesquelles rien n'a d'emprise.

Visions et prophéties, si différentes et si semblables.
Impossibles à ignorer, si fragiles entre leurs doigts malhabiles, jamais supposés entrer en contact avec des fragments de destinée, qu'ils ne peuvent que contempler, leur troisième œil, muet devant le travail accompli, incapable de déchiffrer les messages, et leur être mortel, inadapté à la tâche, incapable d'abandonner, d'oublier.

Elle se rabroue mentalement, se refuse à  laisser son esprit divaguer, baigné d'amères pensées, quand elle se trouvait jusqu'alors dans un état de sérénité rare, la grisaille parasitaire des considérations incessantes étouffée.

Il est pourtant trop tard et les cadavres des questions enfouies remontent à la surface, fardeaux mal lestés qui flottent indolemment sous ses yeux désintéressés.
Sa tête légèrement penchée sur le côté, elle considère à nouveau la question, portée à voix haute par un autre cette fois-ci.
Elle suppose qu'elle a bien une idée de la raison de leur présence mais sa décision n'est pas prise, rendant la rencontre prématurée.

Peut-être faut-il simplement laisser cette entrevue au hasard.

Envisager la simple éventualité d'une rencontre fortuite la laisse défaite, un flot de questionnements devenu naturel la submergeant.
Est-ce une occasion offerte par le destin ? Le moment le plus favorable pour formuler sa requête ? Un moyen de presser son indécision ? Le doute est-il seulement réel ou son choix déjà fait ?
A moins qu'il n'en soit rien et que ses interrogations ne précipitent une idée qui n'aurait jamais dû voir le jour, portée par la remise en question perpétuelle.

Au lieu d'une réponse, un soupir quitte ses lèvres alors qu'elle se laisse délicatement tomber en arrière sur la table, assez imposante pour laisser son dos rencontrer confortablement le bois gorgé de la chaleur des derniers beaux jours.
Même presque allongée ainsi, dans une position qualifiée de vulnérable si elle concernait quelqu'un d'autre, elle sait qu'elle n’exsude guère d'émotions.
Aucune trace de la lassitude soudaine, fatiguée de contempler les carcasses ballottées par les remous de son esprit et pourtant incapable de s'en défaire, curiosité morbide qui la pousse à les retourner et à fixer leurs yeux vides de réponses. Peu d'espoir d'apercevoir autre chose que le masque d'une mer d'huile, aux fonds invisibles dissimulant tempêtes et restes de naufrages, squelettes et éclats d'or.

Elle ne voit pas son visage mais sa voix lui suffit pour évaluer ses propos. L'hésitation, l'euphémisme du choix des mots lui dessinent une réalité qu'elle peut effleurer du bout des doigts. Les explications la font sourire, et, si ce qu'elles évoquent ne lui plaît que trop peu, elles la satisfont.
L'intérêt qu'il lui renvoie ne la surprend pas. Elle sait qu'il n'attend pas de solution miraculeuse, qu'ils ne croient plus aux facilités depuis longtemps, mais que la curiosité est sincère, pour la méthode comme son bien-être.

Leurs situation sont si différentes que même si elle le désirait, elle craint qu'elle ne saurait lui apporter le soin et l'attention nécessaires à leur condition. Et pourtant, elle sait qu'elle aimerait faire plus mais elle n'a jamais appris qu'à prendre. Alors elle donne dans l'ombre. Des offrandes maladroites, cachées comme ses cristaux qui apaisent les tensions spirituelles dans les quartiers du jeune Seer, incomprises comme la protection qu'elle force sur sa sœur.
Elle balbutie et elle titube dans sa générosité, inaccoutumée à l'exprimer dans l'absence de silence.
Constamment entre deux courants, ce qu'elle voudrait et ce qu'elle doit, l'ardue navigation aux choix évidents qui n'en demeurent plus aisés.

« J'ai été habituée jeune. Ilvermorny ne demande pas vraiment d'efforts. Les élèves m'y gênent plus que le reste. »

Salem grouille d'esprits, torturés ou affables, et le manoir familial n'en manque pas lui-même. Elle ne mentionne pas les exercices d'acclimatations, les fantômes encore au bout de leur corde, les visages figés dans la douleur des flammes, les yeux révulsés et la mousse aux lèvres des poisons.
Elle se demande si l'esprit de sa mère l'attend à Salem. Si elle hurle vengeance dans son mutisme imposé. Elle sait déjà ce qu'elle en fera. Pour le coven, jamais pour elle.

Le ciel se défait de ses flammes et enfile timidement son manteau de nuit. Leur heure approche, elle sent le changement de l'air, la caresse des chuchotements autour d'eux. Ils fêtent leur retour et le soir reconnaît ses enfants et les enlace.

Elle a envie d'être égoïste. Piégée sous la mer, une bulle d'air finit son ascension à la surface, brisant le calme de l'eau d'infimes ondes.

« Je crois que tu viens d'avoir une prophétie des plus intéressantes Izar. Heureusement que quelqu'un était là pour l'entendre et te la répéter. Qui sait ce qu'il en adviendrait si elle n'était pas répertoriée. »

Le ton est plat mais la question se trouve dans son regard qu'elle tourne de nouveau vers le sien. Elle se trouve ridicule. Les risques sont si faibles que les prendre en compte tient de la paranoïa extrême. Son cœur n'en tient pas compte. Il bat de la crainte que lui soit refusé le peu qu'il ose demander.



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MessageSujet: Re: scrying deals (brygida)   Mer 28 Nov - 17:47


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Suivre un flot à la dérive, du corps ou du regard - des échanges pris dans le remous éternel d'une mer sans fonds ni fin. Coulée dans le ciel à l'horizon. Capturés par le mouvement de vagues inlassables, inéluctables, qui partent et qui reviennent, et puis s'enfuient - la plupart ne voient que la surface. Certains ne se rendent compte de rien, là où le troisième oeil perce la multiplicité des courants qui animent l'air et la mer comme l'infinité d'atomes de l'univers.
Forces cosmiques inconnues dont, simples mortels, finis et si petits, ils ne perçoivent que la pointe émergée d'un iceberg fait d'étoiles et de galaxies.

Apprendre à s'y laisser porter ; accepter d'apercevoir sans jamais tout voir, d'entendre les souffles sans jamais comprendre les paroles, de percevoir sans rien savoir. Leur lot, leur fardeau dans le concret relatif de leur réalité effilée. Nager ou naviguer dans les eaux troubles du temps et de ses kyrielles de possibilités.

Le soupir qu'elle laisse s'évader tout juste perçu - ni vraiment entendu, ni vraiment vu, un mélange étrange des deux. Drapés d'un silence imparfait, bousculé par les voix et milles autres pensées. Même allongée sur la table, elle ne dégage aucune trace de vulnérabilité, Brygida, c'est un mot qu'on ne lui associe pas. Qui ne lui va pas. Tout de même, il se dit qu'elle ne se laisserait pas à faire ça devant n'importe qui.
Et ça parle sans rien dire, pourtant. Ca lui parle, plutôt, le mouvement dit une lassitude qu'elle n'exsude pas. S'il la devine, c'est parce qu'il la comprend, qu'il sait le bal constant des voix et des esprits dans la tête. Musique qu'ils ne peuvent jamais couper, pas vraiment mettre en sourdine, les fortissimo succèdent aux pianissimo occasionnels sans jamais prévenir. Ca hurle dans le calme des murmures. Ici c'est un forte constant, mêlé au bruit de ceux qui vivent, ça pullule d'esprits passés et présents, futurs aussi parfois.
Il n'en dit rien.

A la place, il y a l'hésitation de la réponse. Le vague d'une explication qu'elle comprendra. La réacclimatation toujours une épreuve à laquelle il devient inéluctablement meilleur par la force des choses et l'habitude. Au moins se sent-il étrangement plus calme, un peu, baume sur l'esprit tuméfié par l'incessant des perceptions, lorsqu'il retrouve la chambre qu'il partage avec Flay. Sensation assez nouvelle, si subtile qu'elle a flotté un moment à l'orée de l'inconscient avant qu'il ne l'a remarque. Curiosité reconnaissante pour ce mystère encore irrésolu, à la source toute inconnue.
Curieux de savoir comment elle s'en sort, de savoir si elle a des petits trucs, des petits plus, pour se refaire à la pollution du spectral des voix et de l'invisible. L'attention portée sur elle et son bien-être, aussi, même si elle ne lui accordera peut-être pas de réponse - parce qu'elle lui importe.

S'approcher doucement, les pas de velours sur l'herbe qui l'amène à la bordure de la table où elle s'est allongée. Le sérieux dans l'oeil lorsqu'elle lui répond. La compréhension aussi, incomplète et pensive - celle qui ne peut que supposer sur l'enfance et le présent de Brygida, l'entraînement qu'elle a pu avoir étant jeune ; celle qui accepte de ne pas tout comprendre, justement, de ne pas pousser la curiosité. La réputation des Strugatsky n'est plus à faire, les rumeurs qui courent à leur sujet plus réelles que les spectres qui passent parfois. Il ne cherche pas à savoir, ne la juge pas non plus pour ça - ce n'est pas sa place.

Hésiter, un peu gauche, au bord de la table. Pensif, comme il erre dans ses promenades nocturnes. Un soupir finalement, qui fuit la bouche - sans malice mais un peu complice - et il décide de s'y appuyer. Les mains dans les poches, le dos à demi tourné vers elle, marqué de l'ondoiement d'une torsion pour la garder dans son champ de vision. « Les élèves n'aident pas non plus, non. Trop de monde. Au moins on est pas forcé d'interagir avec les esprits, on peut tenter de les ignorer sans trop les froisser. » Les gens, par contre, le font presque toujours. Trop de monde qui se presse, et se bouscule. Les foules l'ont toujours mis mal à l'aise, violence d'une houle qui menace de l'engloutir.

Le silence chante. Coucher de l'incendiaire astre soleil, c'est l'arrivée de la nuit qu'inconsciemment ils guettent. Un monde qui fleurit et s'épanouit mieux sous le manteau bleu de minuit, le scintillement froid d'étoiles lointaines, l'argent mystérieux et lunaire. Satellite partagé par tant d'anciennes déesses, à s'en disputer les phases ; imprégné de  leurs pouvoirs conjoints. L'influence plus puissante, purement magique qu'aux lueurs du jour. Le voile des mondes s'affine, les clivages des réalités s'amenuisent sous les lueurs adamantines.
Dans le ciel, Eos finit sa course. Traîne couleur de feu derrière son char, les lumières incendiaires lentement se retirent, entraînées par de-là l'horizon. Indolente et impériale, Nyx s'installe. Les murmures frôlent les corps, enfants d'obscurité tendrement salués. Le frisson de l'air passe sur la peau, poursuit le long du dos.

Un moment hors du temps. Ca dure des heures quand ce ne sont que quelques secondes qui les ont capturé. Les paupières closes devant les yeux qui voient pourtant tout cela. Le fantôme d'un sourire qui erre devant les lippes. Pas habituel, les instants d'ordinaire plus conflictuels. Peut-être parce que, quand il en a pleinement conscience, il est toujours seul à les affronter. Seul pour les contempler, même s'il est entouré.
Etrange de se dire que c'est avec Brygida Strugatsky, reine de glace et de ténèbres, souvent crainte et toujours respectée, que disparaît l’ineffable solitude - celle qu'il ne peut dire ni expliquer. De se dire qu'avec elle à côté, il ne doute pas de sa propre réalité ; il n'a pas peur de se laisser emporter par les spectres et leurs murmures, de disparaître de l'autre côté du tissu de leur présente réalité. Il ne craint pas de se perdre sur les voies d'un univers qui les dépasse.
Ou peut-être pas si étrange. Leur relation particulière, comprise d'eux seuls. Ils sont pareils - ça dépasse les mots et tous les préjugés.

Coupé par la voix de Brygida, le fil de ses pensées - il fuit entre ses doigts ouverts, déjà perdu, presque oublié. Les paupières se clignent plusieurs fois, comme au sortir d'un rêve, un peu étonné. « Une prophétie ? » Naïf, il réfléchit à la possibilité. Les instants presque méditatifs, l'impression que le temps s'est éternisé. Loin d'être impossible - mais le clair de ses yeux transperce le sien. Il y a cette intensité particulière dans ses pupilles, qu'il n'y avait encore jamais vue. Il y a la détermination, et la question qui n'était pas dans sa voix.
Pas l'attitude qu'elle aurait - que quiconque aurait - s'il avait effectivement été l'énonciateur d'une prophétie. « Oh. » Il comprend, devine au moins, même s'il n'est pas sûr du pourquoi. La tête un peu penchée, l'air intrigué ; la curiosité dans l'oeil l'étudie avec une attention nouvelle. « Oui, heureusement que tu es là, Brygida. » Le sens qui se dédouble. Les mots posés, cherchés précautionneusement. Elle l'a aidé, consciemment ou non, plus d'une fois, alors s'il le peut, il veut lui rendre la pareille. L'inspiration, la décision déjà prise. Reste à savoir de quoi il est question exactement, avant de plus s'avancer. « Qu'est-ce que j'ai prophétisé ? »

Restent surtout des questions plein la tête, des pourquoi à la pelle à d'autres plus pratiques, qu'il n'est pas sûr de savoir comment poser. Il devrait d'abord s'enquérir de l'origine de la demande - elle, ou les intérêts remontent-ils dans l'ombre et les mystères des Strugatsky ? Il l'apprécie, Brygida, et il pense le sentiment réciproque. Mais il sait que sa famille passe avant. Il comprend - lui aussi feraient passer les Fischer avant tout, ils sont ceux qui l'ont sauvé, sous bien des aspects - mais il sait aussi les dangers bien réels que représente la sienne.
Ca n'a pas empêché la curiosité se glisser avant - il suppose que ce sera déjà un indice en soi.



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Dernière édition par Izar Fischer le Ven 7 Déc - 14:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: scrying deals (brygida)   Lun 3 Déc - 3:40


seering
Brygida & Izar


Elle devine sa présence, plus proche, décèle à peine un mouvement lorsqu'il prend place à son tour contre la table, trahi par le bruissement de ses vêtements dans l'atmosphère étouffée.

Son soupir fait écho au sien, sentiment partagé exprimé dans la simplicité d'un souffle d'air et la complexité qu'il trahit pourtant.
La réponse ne l'étonne pas. Elle le sait indisposé par la foule et son bruit, l'amas des élèves et leurs voix qui s'entrechoquent, la violence du moindre toucher non désiré. Le malaise des discussions de connivence, des discussions tout court parfois, et la volonté de les ignorer ne la surprend pas plus.

Elle comprend, dans une certaine limite, par un autre côté du prisme, vision distordue d'une même réalité.
Foule ou non, il est rare qu'elle soit bousculée ou importunée. Tous semblent avoir un avis sur les Strugatsky, une anecdote, toujours plus glauque ou improbable, à partager, des murmures à souffler à son voisin. Ce sont ces rumeurs, et les faits véridiques en leur sein, qui vident son passage dans les allées, qui font taire les conversations.
Eux, parfois plus qu'elle-même, font vivre le mythe et l'image qu'ils se sont crées.

Et qu'il est tentant de céder à la caricature quand elle sied si bien. De souhaiter les voir disparaître comme de la vermine grouillante quand leur chaos incessant lui martèle l'esprit, déjà occupé par trop de voix quand même la sienne lui paraît de trop. De vouloir arracher de leur visage le sourire goguenard, assuré de rien d'autre que du ridicule de leur existence alors qu'ils ne savent rien, alors qu'elle en sait trop et doit décider de ce qui la dépasse.

La réalité, pourtant, est bien moins fantasque.
Elle n'est tout simplement pas le vilain romancé de l'histoire qu'ils se plaisent à imaginer, ses actions et préoccupations plus pragmatiques que les élans mégalomaniaques et ténébreux attendus. Elle fait ce qu'elle a à faire et n'a pas un regard, et encore moins de temps, à accorder à ce qui ne l'intéresse pas.
Que ces éléments conduisent à la mort prématurée de presque toute relation hors intérêt personnel n'est qu'une conséquence avec laquelle elle n'a pas de difficultés.
Des exceptions persistent toujours - la preuve dans l'existence même de cette conversation, et, peut-être qu'en dépit de tout, certaines personnes ne l'intéressent que pour elles-même.

Elle opte pour une réponse légère, un embryon de rire dans la voix.

« Les élèves ont la décence de se taire quand c'est demandé. »
Les esprits n'acceptent pas toujours d'être ignorés. Impossible de les faire taire, de les déloger quand ils ont décidé de s'accrocher à la chair. Tu peux toujours faire taire un vivant, que ce soit éphémère ou définitif.

Les Strugatsky, seer ou non, partagent avec les ombres ce langage du silence, des pauses plus lourdes de sens que les mots, des phrases qui cachent des discours. Quelque part, elle ne parle véritablement que ce langage, et, malgré les erreurs de traduction, les significations qui peuvent se perdre dans les limbes muettes étirées à outrance, elle pense qu'ils se comprennent, aussi imparfaitement soit-il.

Comme invoqué par sa simple évocation, sans un bruit, le silence s'installe. Elle l'observe s'emparer d'Izar et l'entraîner là où peu peuvent  les suivre. Attentive à ses expressions, elle guette les signes d'une excursions trop lointaine, d'une d'où on ne revient seul, ses pas perdus dans leur écho.
L'apparition d'un sourire la détend, la suspicion persiste, non étrangère aux tours de l'esprit et de ceux qui rôdent.
L'expression est délicate, comme le visage auquel elle appartient. Elle pourrait blâmer la nuit, l'accuser de dissimuler les angles et les tranchants comme elle sait si bien le faire, mais elle sait que même baigné par le soleil, les rayons ne caressent que l'arrondi d'une joue mordorée, l'ourlet de cils épais qui ne cachent pas encore  tout à fait ce qui transparaît derrière les yeux clairs, la rondeur de lèvres qui n'ont pas l'arrière goût du venin.

Le danger et la puissance prennent multiples formes, elle ne l'oublie jamais, aussi l'absence de menace ressentie est-elle une menace en elle-même, un rappel à la prudence alors qu'il revient à lui.
Coupé dans ses rêveries, rattrapé un instant par la naïveté avant que la compréhension ne prenne place sur les traits étudiés.

Accompagnée d'une toute autre personne, elle aurait lu un sarcasme magnifiquement inséré dans ses paroles, une maîtrise rare de la moquerie, même parmi ses pairs.
De sa part, elle n'est pas certaine de savoir l'interpréter.
Heureusement qu'elle est là.
Elle ne voit pas ce que sa présence actuelle apporte, ne discerne pas d'autre signification logique et ne peut simultanément nier la sincérité du ton. Aussi insatisfaisant que ce soit, elle le prend comme elle l'a formulé, pour la compréhension d'une demande à la légèreté factice, malgré le sentiment d'incomplétude qu'elle ressent.
Rester aveugle au sens des mots la perturbe, elle n'est pas familière du sentiment avec les êtres vivants, plus faciles à déchiffrer que les messages d'ailleurs, mais elle passe outre, concentrée sur son objectif premier.

Ce qu'il avait prophétisé ?

« Quelque chose d'absurde et insignifiant. » et pourtant monumental, pour qui y croit. « Éloigné de toutes considérations stratégiques. » Sans rapport aucun avec les Strugatsky, aussi loin qu'elle a cherché. Et pourtant indéniablement personnel, un bout de son existence, de son don, une partie de son être dont elle ne se laissera plus priver.
Ses mâchoires se serrent à l'idée de tout ce qui lui a déjà été volé et qu'elle ne retrouvera peut-être jamais, angle acéré dont la violence se distingue même dans la pénombre, et se poursuit, tout le long de son corps, raidi sous l'intensité de la colère remontée à la surface.

Elle prend le soin conscient de relâcher la tension de chacun de ses muscles, excès d'émotion rattrapé, remis à couvert, le temps de pouvoir être digéré ou exprimé dans un meilleur contexte,  avant de sortir sa baguette de sous les pans de sa cape.
D'un mouvement, des lettres apparaissent, indolentes, et illuminent à peine l'espace entre eux, formant des phrases où l'absence de cyrillique ne facilite pas la compréhension, le polonais tout aussi obscur pour les novices linguistiques.

Parfois ses prophéties sont en russes, parfois en anglais, sans lien logique de lieu ou de personne concernées, à la fantaisie de son esprit ou selon des règles qui lui échappent. C'est la première – non, c'est la première consciente, qu'elle a en polonais, et la première fois qu'elle a à traduire les chants de l'ailleurs, le brouillard de sa formulation initiale mélodieuse encore plus épais quand il s'agit de lui rendre justice, de le traduire dans une autre langue, chaque modification potentiellement cruciale, fatale même au sort prophétisé.

« Linked by a charm, wed by fate
Their child a work of art
For the world cannot wait
To have them play by heart 
»

Un silence gêné, rare occurrence qu'elle coupe rapidement, suit ses propos.
« Plus ou moins. »

Elle laisse flotter l'inscription lumineuse un bref instant encore, le temps que les mots s'inscrivent dans sa mémoire, avant de faire disparaître la source de son embarras d'un coup de baguette et de laisser la nuit récupérer ses ombres.

OUCH:
 


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MessageSujet: Re: scrying deals (brygida)   Dim 9 Déc - 2:58


seering
Brygida & Izar

Autour de la table, l'évasion de soupirs qui se courtisent. Semblables, différents pourtant, comme les bouches qui les soufflent. Une compréhension commune dans la dissemblance des vécus.
Autour de la table, ils sont deux à s'appuyer dans l'indolence et le semi-silence. Ancrage un instant commun pour eux, qui voient la complexité des voies d'un univers qui menace en tout instant de les happer.

Dans la voix de Brygida, le spectre d'un rire, trace d'un amusement qu'il pense de surface. Il est pas sûr, Izar, que sa réponse ne cache pas quelque chose de plus profond et radical. Il y a, après tout, la chape épaisse des rumeurs les plus morbides qui flottent autour des Strugatsky ; et s'il n'est pas du genre à croire aux murmures et aux on-dits, celles-ci n'ont pas toutes la transparence de l'irréalité.
Y a un sourire facile, sincère pourtant, la courbe qui fleurit doucement sur les lèvres et s'épanouit dans les mourantes vespérales. « Pour toi, bien sûr qu'ils se taisent. » Un peu incongru mais sans jugement. C'est un peu tendre, même, l’évanescence de quelques bribes qui s'étiolent dans la brise. Elle a ce charisme impérieux, cette aura un peu sombre et dangereuse ; ça écarte les indésirables, ça fait ployer les nuques ; y a la magnétique inexorable des regards, les pôles opposés se détournent quand les autres sont attirés.

Et Izar, il ne se compte pas vraiment dans l'équation, un peu à part. C'est une autre réalité qu'elle évoque dans le silence et qu'il ne connait pas. Ca compte pas vraiment, lui il ne fait qu'entendre et entrevoir. Spectateur muet d'une pièce éternellement floue et incomplète qui lentement brouille les morales.
Ca veut pas dire qu'il condamne pas le mal, ça veut pas dire non plus qu'il ne se doute pas de ce que sont les Strugatsky dans le paysage. Simplement il y a Brygida, et ils ont ce lien qui les unis. L'étrange familiarité, la compréhension tacite. Ca perturbe le compas.

Royaume de silence dans la nuit qui s'installe. Les yeux qui se ferment pour mieux admirer l'instant toujours combattu. Pas de peur, cette fois. Pas la crainte de se perdre dans d'autres réalités parce qu'il n'est pas seul à leurs croisements. Le fantôme d'un sourire sur les lèvres, et sur lui le poids intangible, à peine senti, de l'éther de ses yeux. Il devine qu'elle l'observe, sans savoir pourquoi.
Pas l'habituel malaise pourtant, dans la brèche du temps. Il devrait rester sur ses gardes, garder une méfiance de subsistance. Mais en cet instant, il n'y en a pas. Pas vraiment, tout du moins - au bord de la conscience, il sait quand même exactement où elle se trouve par rapport à lui, il écoute le souffle et les bruissements qui trahiraient ses mouvements. Y a cette éternelle réserve, jamais détendu même en famille, même dans les limbes d'Hypnos - c'est gravé dans sa peau et dans la cécité de l'oeil nacré.
Ca défie toute logique, les instincts glissent dans une zone inconnue. Tout juste de la prudence en lieu de la méfiance. C'est étrange, mystérieux, pourrait-on dire. Ils comprennent pas bien pourquoi.

L'instant se meurt et disparaît. Le changement dans l'air, alourdi par les incertitudes qui se confondent.
La naïveté disparaît vite pour la compréhension d'une proposition prononcée à demi-mots, précautionneusement placée entre les lignes. Un deal qu'il devine. Il comprend, sans rien savoir des raisons qui la motivent. Y a une tension dans l'air qui n'était pas là juste avant, un tournant dans le moment.
Ca se dissout un peu quand le sens se dédouble, ça se distille dans l'eau de la confusion que lui offre ses paroles. La formulation qu'il lui rend, avec une sincérité à laquelle elle ne s'attendait pas. Il y a quelque chose dans l'air de Brygida, ou peut-être dans ce qu'elle dégage, qui le fait deviner une frustration. Subtile, à peine captée par l'acéré de l'attention, peut-être imaginée. Assez pour le faire se demander si elle a comprit l'autre sens, le remerciement dans ses paroles.
Une goutte décomposée par l'invisibilité d'un prisme - ça éveille des émotions contraire dans l'esprit, myriade qu'il taira.

Déterminée à aller au bout, elle enchaîne sans attendre. En premier, passe la réponse à la question restée en suspend sur l'ourlet des lèvres ; à la question pensée fort mais pas formulée. Ca n'explique pas encore le pourquoi, mais ça lui dit que ça n'a rien à faire avec les Strugatsky. Il y a tout de même la méfiance, l'impossibilité de l'absolue certitude. Parce que ça n'existe pas : les prophéties des bribes qui leur viennent drapés d'épais mystères - trop, souvent, pour les décrypter. Il y a tout de même la prudence, la difficulté de discerner la vérité dans son entièreté. Non pas qu'il ne la pense de mauvaises intentions, non pas qu'il ne la pense pas sincère, mais la loyauté est puissante et hiérarchise. C'est naturel, il comprend. Alors il l'étudie, il fouille la finesse des traits de l'oeil valide sans se soucier des secondes qui défilent, du silence qui s'égraine.
Il voit les mâchoires se serrées, l'obscurité régner sur le tranchant de l'angle. Il voit que ce n'est pas si facile que ça. Il suit de l'oeil la crispation violente, aperçoit ce que d'autres ne verraient pas. Y a de la colère, un arrière-goût de révolte dans l'atmosphère. Déjà dissipé, disparu la seconde d'après comme si ça n'avait jamais été là. Alors il se détend, un peu, il hoche la tête. « D'accord. Dis-moi. » Il veut la croire, Brygida. Il la croit.
« Après tout, même l'insignifiant à son importance. Ca l'est, pour quelqu'un. Aussi absurde soit-on dans tout ce chaos. » Une parenthèse qui s'ajoute d'elle-même. Sous la tranquillité du sourire et les sillons d'un amusement qu'eux seuls sont à même d'apprécier, y a l'encouragement et le sérieux. Y a la détermination et la douceur dans l'oeil et dans la voix, ça s'exsude dans le corps et dans l'allure.

Un geste de sa baguette. Les lettres paresseuses se lient, transsudent entre eux leurs lueurs. Et il ne dit rien Izar. Il lit, il apprend. Il retient ces mots qu'elle a prophétisé, il fait siens les vers qu'elle a soustrait à l'univers. Le silence reprend sa place, insondable - perturbé sur sa surface par les ondoiements de la voix de Brygida. Ca flotte dans l'air, cette incertitude, une touche de gêne qu'il ne relève pas vraiment, captivé par les mots, habitué en être habité.
Y a presque de la fascination, à voir ainsi déployée la prophétie de quelqu'un d'autre. Y a presque une forme d'intimité dans le halo tamisé et la nuit tombée. Il sait pas trop pourquoi, mais il lève lentement la main, Izar. Il frôle une syllabe du bout des doigts. Ca passe au travers du sort, ça s'étale sur sa peau avec à peine une sensation. Ca le fait sourire, pourtant, ça fait enchante les lèvres d'un sentiment de liesse.

Ca disparaît, d'un autre mouvement de sa baguette. L'obscurité les retrouve et la nuit les enlace. Les paupières se clignent, comme au réveil. Y a un peu de gêne, euphémisme dissimulé sous une explication qui oscille. « C'est un joli charme. » Ca mélange la joie et le malaise sous la sincérité.
C'est surtout la gêne qui s'étire dans un silence dont il a soudainement trop conscience. Il ne sait pas vraiment quoi lui dire. Il ne sait pas vraiment ce qu'il a le droit de dire, dans la fragilité de l'échange, la tension nouvelle. Le secret qu'ils partagent maintenant. Ca s'échappe, pourtant. « Brygida ? » Y a le non-bruit. Les non-dits. L'hésitation qui s'entend et presse l'émail contre la lippe. « Pourquoi... ? » A peine un souffle dans l'air. Le suspend de la question bien plus parlant que tous les mots. Il sait pas trop s'il a le droit de lui demander ça. Il sait pas trop si elle peut répondre à ça. Ni si elle l'entend. Mais il se penche un peu vers elle, à peine. Mais ses yeux la rivent et ne la lâchent pas. Sans pression, juste la curiosité et la détermination qui subsiste.
« Tu n'es pas obligée de répondre. Tu n'as que fait me répéter ma prophétie, après tout. Mais voilà, ça... m'intrigue, je suppose. » Il offre tout de même dans le même murmure et un haussement d'épaule. Comme si ça n'importait que peu et que ce n'était rien.
Comme si.



FRIMELDA


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MessageSujet: Re: scrying deals (brygida)   Mer 12 Déc - 19:46


seering
Brygida & Izar


Comme parfois encore, ses instincts s'emmêlent à son éducation, nature et réflexion en conflit, et la laissent momentanément indécise.

La réponse instinctive, celle qui ne demande aucune délibération, déjà au bord des lèvres, est un "Bien évidemment, c'est tout dans leur intérêt" détaché qui n'a d'arrogant que la simplicité de sa véracité.

Quelque chose la retient pourtant, mure ses paroles dans le silence.
Elle ne sait pas quelle en est la source, s'il s'agit du sourire éthéré esquissé contre la nuit ou de ce qu'elle interprète indéniablement, malgré son incompréhension, comme un souffle de tendresse dans sa parole - à moins que ce ne soit qu'elle, et cette possibilité soulève plus de questions encore qu'elle n'en résout.

Toujours est-il, qu'en dépit d'origines qu'elle ne situe pas, une autre alternative se manifeste, aussi ridicule que soit l'idée de tels mots franchissant ses lèvres.
Sous la surface, un murmure saugrenu lui effleure l'esprit, chuchoté si bas, presque inaudible, et impossible à ignorer.

"Ils pourraient se taire pour toi aussi."

Les implications de telles pensées ne lui échappent pas.

Elle n'a pas l'habitude de fermer les yeux sur quoi que ce soit, le plus souvent écarquillés, constamment abreuvés d'informations qu'elle recherche et qu'elle ressasse sans relâche, mais elle en ferait presque une exception, sans réellement savoir pourquoi, dans l'espoir de voir disparaitre la sensation étrangère qui l'étreint.

Elle n'a pas plus le temps de décortiquer sa psyché que de se pencher sur une réponse appropriée qui ne trahirait rien de sa confusion. Le temps a filé et l'opportunité d'une réponse avec lui.

Comme pour la contredire sous couvert de générosité, le silence persiste avec elle, offrande venimeuse d'un libre cours de pensées qu'elle veut tenir en laisse d'une poignée ferme, la tension si grande qu'elle menace l'étouffement.

La tournure des événements lui déplait sans faire naître de véritable ressentiment, contradiction légère, faible démonstration des paradoxes qui l'habitent régulièrement.

Contrairement aux idées folles, murmures d'inconnus ou véritables projets de familles aliénées, éliminer l'humain de l'individu dans une vaine visée de perfection, est aussi impossible que ridicule.
Les Strugatsky ne s'adonnent pas à ces considérations et leur masque froid ne provient pas d'une absence d'émotions, tues et enfouies sous le froid sibérien, ni même d'un contrôle inhumain sur celles-ci, toujours enfermées et négligées, dociles et édulcorées.

Leur héritage russe ne se limite pas à un teint pâle et des goûts prononcés en matière d'alcool et de décoration d'intérieur.
L'exubérance et l'excès les habitent, le sang bout et le cœur s'affole, la rationalité froide chante autant dans leurs veines que la violence de leurs émotions.

Plus que les émotions, c'est leur expression qui est contrôlée. Ils désirent et ils prennent, ils nourrissent leurs vices et exaucent leurs souhaits, du plus vil au plus noble, sans autre considération que leur satisfaction et un timing adéquat.

Démesurée et occasionnelle, fractionnée et sur la longueur, la purge des émotions, trop intenses sur la durée pour être contenues sans risque, est à la discrétion de chacun, la seule limite l'impact familial.

Aussi sait-elle pertinemment que céder à cette impulsion ne lui coûterait rien et ferait taire un instant les émotions confuses, redonnant à ses traits une impassibilité plus seulement de surface mais profonde et sincère.
L'hésitation reste puissante. N'est-elle pas déjà assez égoïste dans sa requête initiale, à satisfaire l'illusion d'un contrôle sur son don et son utilisation ?

Scruter Izar ne l'aide pas dans son dilemme mais la vigilance prévaut même si elle parait inutile. Il semble étonnamment serein, entouré des bruissements de l'éther et de leur respiration paisible. Elle ne sait si sa décontraction, loin de la détente parfaite de qui n'a d'inquiétude mais presque excessive pour le poids qu'ils portent, la flatte ou l'insulte, si elle naît de l'inconscience ou d'une conscience aigüe de la situation.

Plus la nuit les emporte, plus elle se trouve perdue, l'obscurité rendue métaphorique, plus prégnante sur son esprit que sa vue.
La conversation rompt le silence et ses pensées et amène même un soulagement avec la méfiance naturelle qu'elle décèle dans l'air, aussi familière et réconfortante que les sonorités slaves qui bercent sa vie familiale.

Elle subit son inspection en retour, consciente des expressions qui lui échappent et qu'elle laisse s'écouler des plaies encore fraîches.
Elle se doute de ce qu'il cherche sur ses traits, doute de ce qu'il y trouve et s'interroge sur ses pensées.
Il acquiesce et la confirmation lui enlève un poids qu'elle ne sentait plus.

C'est important. Assez pour être prophétisé. Important pour les personnes concernées, aussi, et ce qui peut être la clef de voute de leur existence. Important pour elle, surtout, et elle craint un instant d'être transparente pour les yeux qui la dévisagent, qu'ils voient trop ou pas assez.
Une nouvelle fois, elle n'est pas certaine de pouvoir choisir les bons mots, se refuse à une banalité et à la vérité, l'une trop faible et l'autre trop dérangeante, alors elle se tait encore.

La dualité du seer l'intrigue tandis que les lettres s'inscrivent dans la nuit.
Ce mélange de douceur et de force, une détermination doublée de délicatesse, lui évoque tout ce qu'elle souhaite pour sa sœur.
Elle se demande comment préserver cette innocence et s'il lui en donnerait le secret, si elle pourrait l'adapter à leur monde, si éloigné de celui des Fischer, si elle pourrait y trouver, elle aussi, un espoir.

Dans la tâche ardue d'une traduction correcte, elle l'observe être plus fasciné par quelques lignes que par de nombreuses personnes, le voit leur offrir une sincérité désarmante que peu reçoivent et contemple avec surprise la caresse délicate alors que les mots disparaissent en volutes de fumée.

Seulement en cet instant réalise-t-elle l'intimité du moment, non pas d'un point de vue stratégique, couverts aux yeux des autres, mais personnel. La proximité et l'obscurité, les silences lourds de sens, l'étude trop poussée de l'autre et surtout les restes vaporeux d'un secret qui n'existe que par elle qu'elle partage pour la première fois sans autre but que celui de le voir se réaliser.

Le silence reprend ses droits, teinté d'un malaise palpable qu'il n'a su briser et auquel elle n'a fait qu'ajouter.
Elle envisage de mettre fin à leur agonie et de quitter les lieux quand il la surprend à prolonger l'échange, son simple prénom suffisant à l'interpeller, si peu utilisé sur le territoire de l'école.

Son visage lui fait à nouveau face, regard détourné dans la gêne sans l'avoir réalisé, elle se résigne à placer cette rencontre, la soirée entière, même, dans la catégorie des moments à revoir pour comprendre à quel instant tout contrôle lui a échappé.
Ses yeux formulent pour elle l'interrogation, l'attente de la suite, toujours repliée dans ce silence qui en dit trop sans révéler le substantiel.

Pourquoi.

Un unique mot inadapté au poids de la réponse. Une demande qu'il tempère immédiatement, jouant le jeu de sa demande peu subtile.

Le cycle se répète et là encore, elle ne sait d'où vient sa décision.
S'il s'agit de l'acceptation, sans contrepartie, sans assurance de la vérité, ou encore de l'hésitation, de l'intérêt un peu gauche, le respect de ses frontières quand elle ne fait que demander sans rien donner - à moins qu'ici aussi ce ne soit qu'elle, et que lui.

Elle lui offre le peu qu'elle peut. Si elle accepte à peine ses raisons, il n'est pas prêt à les comprendre, ou du moins, elle ne veut pas qu'il ait à les imaginer.
Tout aussi bas, sans aucune hésitation pourtant, elle trouve enfin quelques mots, maladroits.

"Rien ne perdure indéfiniment à sens unique. Prendre et donner. Terminer et commencer. Tout nécessite un équilibre, même instable. Un contrepoids."

Il n'a pas à s'encombrer de dilemmes moraux qui ne sont pas les siens, sa propre voie déjà bien sombre, comme celle de tout Seer. Il a cette stabilité entre deux forces opposées et positives, elle doit trouver la sienne.

Toujours est-il qu'en dépit d'origines qu'elle ne sait toujours pas situer, le choix a été fait.

Faiblesse de désirs impulsifs, elle se redresse et s'empare de nouveau de sa baguette dans la fluidité d'un mouvement, brusque uniquement dans sa surprise, le mouvement ne brisant pas le silence nocturne.

Elle cherche un  mouvement de recul, un instinct craintif naturel en sa présence, quoiqu'au demeurant infondé, et elle ignore si elle s'en réjouirait ou non, la réponse probablement plus complexe et opaque, comme tout ce qui les concerne.

Appelé à elle, son manteau s'extirpe de son sac, sans aucun pli pour froisser son noir profond qui se mêle à la nuit, instrument de discrétion autant qu'un choix esthétique.
La lune les éclaire désormais de quelques rayons timides qui se reflètent à peine sur le fermoir en argent, seul trace d'éclat, tandis qu'elle contemple son choix sans le remettre en question.

Elle connait par cœur, pourrait toutes les retracer du bout des doigts, les runes qui sont tissées à l'intérieur du vêtement.
Des heures, des années, de savoirs durement arrachés aux vieux manuscrits illisibles, à un cousin méfiant et récalcitrant, à des vieux ahuris déments, concentrées en une magie subtile mais puissante.

Protection physique, pour éloigner les maladies de son corps trop frêle, pour contrer les trahisons, les coups de poignard dans le dos. Des runes de circonstances, pour disparaitre dans un recoin de l'obscurité, pour s'assurer une protection contre les températures extrêmes de leurs hivers.
Cachées sous une couche de magie complexe, ni noire, ni pure, des runes divinatoires, une sélection personnelle qui recouvre l'autre monde d'une épaisse couche de neige, les voix étouffées, les esprits malfaisants éloignés.
Des runes pour le calme, la sérénité, l'acuité mentale, la concentration, une bulle protectrice sous la forme d'un simple manteau.

Ils sont déjà si proches qu'elle n'a qu'à se tourner pour être à la distance adéquate pour le draper sur ses épaules sans jamais l'effleurer, trop proche sans jamais dépasser la limite.
Un mouvement de baguette s'occupe du fermoir dont le cliquetis résonne dans l'air lourd de tensions, scellant le manteau et ses effets.

"Moi aussi."

Les mots soufflés dans l'espace réduit entre leurs deux corps closent sa réponse incomplète alors qu'elle s'écarte d'un pas pour le laisser respirer.

Si elle ne peut y mettre davantage de mots, elle y met des actions. Elle ne sait pas si c'est plus pour lui ou pour elle, espère qu'il s'agit d'un élan égoïste personnel, se décide à offrir, tout de même, le silence.
Peut-être uniquement celui des voix, le manteau ne pouvant prétendre n'être quoi que ce soit d'autre que sien, aucun artifice nécessaire pour identifier sa propriété, garant de murmures chez les élèves qui auront néanmoins l'intelligence de le faire hors de portée des oreilles d'Izar ou des siennes, par peur des représailles.

Elle lui donne la possibilité de refuser, sans pression, avec le détachement de ceux qui ont fait leur part et s'y tiennent, bien qu'une certaine chaleur s'y glisse, rare mais pas malvenue:

"Je pense que tu en auras plus l'utilité que moi. Use en ou non, je le récupérerai en temps voulu."

Elle ne s'offusquera pas d'un refus, ses yeux sincères dans le simple désir de donner, même si l'idée de l'aînée Fischer et de sa réaction leur donne une lueur amusée, sans moquerie, la même qu'elle a face à la théâtralité de Veltal.

Comme si l'offre ne signifiait rien. Comme si.

HERE COMES THE MONSTER:
 

FRIMELDA



Dernière édition par Brygida Strugatsky le Ven 4 Jan - 11:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: scrying deals (brygida)   Jeu 3 Jan - 17:22


seering
Brygida & Izar

Dans la douceur de la nuit, l'incertitude sème ses graines. C'est pas du jamais vu, pour eux, c'est même quelque chose de trop vécu. Elle est différente pourtant, cette fois. Ce n'est pas la confusion de l'éther, des parallèles qui s'entrecoupent dans les tissus fins de l'univers. C'est dualiste, ambivalent, les intentions pures sous leur complexité ; les sens se fourchent, tout se dédouble et se fait flou. Ca frôle l'ambiguïté dans le frisson des silences et des non-dits.

Parce que, dans la douceur de la nuit, il y a elle et il y a lui. Il y a le hasard peu crédible de leur rencontre, l'inconscient qui anime des pas guidés par les pressentiments. Il y a les mots qui se frôlent, paroles légères juste déposées dans l'air, et les silences prenant, qui se murmurent des conversations entières, qui effleurent des secrets sans chercher à les renverser. Ca s'étire, ça touche à d'autres dimensions, d'autres réalités quand se sont tues les dernières vespérales. Et peut-être qu'ils y sont encore lovés, encore cachés, dans ce coin de croisements ; peut-être qu'ils s'y sont un peu perdus, ensemble, dans ce moment où les mondes se confondent.
Parce qu'il y a elle, et lui, et l'inattendu d'une proposition qu'elle offre et ose déposer. C'est un choix réfléchi, qu'il devine d'une complexité insoupçonnée. C'est entre les lignes que tout se passe, au tournant d'un chemin détourné perçu d'eux seuls. Y a les regards qui s'échangent plus que les mots, et il l'étudie, Izar. Il voit la subtilité des réactions, les ondes sur la surface qui trahissent la force des impacts, des émotions qui percent l'impassible habituel de son visage. Et elle le laisse voir, Brygida, il le sait - mais il ne voit pas encore, pas tout de suite, les portes qui s'ouvrent et les rapproches ; il ne sent pas encore, pas maintenant, l'intime qui les enveloppe de ses bras, de sa brume de confidences et de secrets.

Et il ose en retour, Izar, il offre son accord sans détour. Sûr, soudain, que c'est ce qu'il doit faire, le prochain pas sur le grand échiquier. Y a quelque chose de particulier dans ce qu'elle demande, ça se détache des affaires sombres des Strugatsky et de sa froide grandeur. Y a un goût de vulnérabilité pourtant pas même ébréchée - c'est personnel mais pas fragile, au contraire, y a de la force dans le pas qu'elle fait vers toi ; y a du courage à se jeter sans filet, sans savoir où tout ça la mènera. Une décision pour elle, pour soi ; elle donne. Il ne sera pas celui qui placera des bâtons dans les roues lorsque le chemin est déjà bosselé, parsemé d'embûches malavisées.

Plus de retour, pas de détour : le sort lancé, comme les dés sont jetés. Dans la nuit, le délié des lettres tamisées ; les vers à son seul oeil offerts ; la liesse un halo comme la lumière effleurée du bout d'une caresse ; la déliquescence et le silence. Différent, lui aussi. Il a quelque chose de changé lorsqu'il les entoure, qui les rend plus constant de l'instant et de ses nimbes confidentielles, de la proximité dans laquelle ils se trouvent maintenant. Une sensation de malaise qui flotte dans l'air, y a une gêne palpable qui n'était pas là quelques instant avant. Commune et mal dissimulée par la fuite des regard, elle les réunis sous un nouvel étendard.

Les dés jetés tournent toujours et puis montrent leurs faces, et il pourfend la gêne de la lame de son prénom, et il ose demander pourquoi.  Pourquoi tout ça, pourquoi tu fais ça, pourquoi tu me dis ça, pourquoi moi, pourquoi pourquoi pourquoi. Un seul mot pour dire la ronde des questions qui s'entraîne dans la tête. Ca suffit, c'est plus explicite que tout ce qu'il pourrait dire, que toute les formulations qu'il pourrait trouver, jamais assez précises pour exprimer toute la myriade. Et s'il tempère l'audace du murmure, de ce souffle qui épouse la forme du silence, il reste campé sur sa question. Il veut savoir, et prolonger l'instant - pas décidé à la laisser filer, se fondre dans la nuit et le décor aussi miraculeusement qu'elle lui était apparue.
Les instants s'égrainent au fil du sable, temporalité déformée par la convexité du verre. L'incertitude a germé, fleuri, et c'est la nervosité de l'expectative que narre le regard d'Izar. Et y a la franchise des mots de Brygida, sa réponse et le flou offert suffit à la curiosité. Il n'a pas besoin de tout savoir, Izar, il a accepté l'impossibilité de l'omnipotence et des grands absolus. Il comprend, aussi, le besoin d'équilibre dont elle parle. L'un comme l'autres, ils le voient, sûrement plus encore que les autres : les cycles et l'équilibre, partout dans l'univers, qui le meuvent et l'animent aussi sûrement que la nuit succède au jour, et qu'au jour suit la nuit en une course éternelle. Et ils sont peut-être un peu comme eux, eux aussi. Des opposés qui se retrouvent et se mélangent dans les crépuscules et les aurores, dans ces gris aux nuances infinies, où il n'y a plus ni bien ni mal, juste ce qui est.

Le sable court trop vite, et Izar, il n'a que le temps d'acquiescer d'un signe de tête, pas de choisir ses mots, que Brygida poursuit déjà. C'est pas des paroles, mais des gestes avec lesquels elle compose. Et il l'observe, l'attention complètement offerte, la confiance qui tisse mystérieusement ses fils entre eux, si bien qu'il se raidit à peine quand elle ressort sa baguette. C'est plus la fluide soudaineté de l'apparition que l'arme qui tend ses muscles, et il se rassure du manque de méfiance en se disant que, de toute façon, si elle avait voulu l'attaquer, elle l'aurait déjà fait. Mais c'est plus que ça, aussi. C'est un pressentiment, quelque chose qu'il ressent, au fond, avec la dangereuse douceur des pleines certitudes : elle ne lui veut rien de mal, et ne lui en fera pas. With her, he feels safe. Ca n'arrive jamais, sauf en le fort de sa famille. C'est anormal, trop naturel et illogique. Ca n'a pas de sens, et l'impossibilité fait du sentiment une antithèse délétère. Parce qu'il n'y a pas que Brygida, n'est-ce pas ? Où qu'elle soit, en son sillage est la lourde traîne des Strugatsky, aiguisés comme tant d'armes fatales. Et il n'est pas si dupe, Izar, que de croire que tous sont à l'image de Brygida ou de Mila. Ni qu'elles ne dépassent pas leur propre personne ; qu'elles-même n'ont pas les griffes comme des rasoirs sous le velours des pattes. C'est aussi pour ça que c'est beau, et que c'est fort, l'inconscient se murmure. C'est peut-être pas qu'un hasard.

Le sable court trop vite, et Izar perdu dans les affres de ses contemplations - sous l'oeil et dans la tête. Aussi, il y a de la surprise quand Brygida extirpe soudain de son sac sa cape. Unique, reconnaissable entre mille, et la lune reflétée sur le fermoir éclaire son visage de ses argents lustraux et timorés. Elle contemple son choix et le vêtement, décidée ; lui la contemple sans comprendre. Et il réalise qu'elle est belle, Brygida. Pas qu'il ne l'ait pas vu, pas su, pas que ça s'arrête à la fine ciselure de ses traits, mais la révélation a quelque chose de différent - de pur et d'abscons, de doux et de violent. De brusquement troublant. Alors, quand elle drape sa cape autour de ses épaules, il se fige et son souffle s'oublie un instant dans la trachée ; y a le coeur qui s'affole et le rouge qui monte un peu aux joues. Les cils qui se battent avant que, vite, vite, il ne baisse la tête pour se soustraire à son regard. Pour le couvrir, il a le prétexte d'observer l'étoffe dans laquelle il est maintenant lové, et il espère qu'elle n'a pas vu, ou pas su interpréter, la raison de son trouble.

Le sable, maintenant, semble s'être arrêté. Course du temps ralentie, il perçoit tout trop fort, Izar. L'agitation, pourtant, se mue en un calme stupéfait lorsqu'il remarque le silence, presque parfait, qui le nimbe à présent et l'enlace de ses bras. C'est subtil mais saisissant, presque frappant. Il comprends alors Izar, qu'il n'a jamais vraiment connu le silence, même quand les voix ne parlaient pas - il y a toujours les souffles, les bruits comme des courants. Et il relève un oeil écarquillé de surprise vers Brygida, qui lui a soufflé qu'elle aussi a besoin d'équilibre avant de s'écarter, quand il comprend que tout vient de la cape. Cadeau inestimable qu'elle lui laisse, et qu'il ne mérite pas. Ca n'élève que plus de questions dans la caboche, à l'en faire tourner comme une toupie pour le laisser un peu étourdi, pris par le tournis.
Et dans le ralenti, il perçoit la chaleur dans la voix de Brygida, qui l'arrime et le ramène de la confusion de ce monde inconnu, dénué d'autres bruits. Doucement, ça le guide vers le moment réel, et il lit dans ses yeux clairs comme l'éther la sincérité, et un amusement qu'il ne sait replacer. Il est muet, un instant, Izar. Il ne sait pas quoi dire, pas quoi lui répondre. Il pense qu'il ne la mérite pas, qu'il est pas digne de ça ; qu'elle n'a pas de raison à lui donner ça. Mais y a quelque chose de plus qui se passe dans l'offre, et il est touché, Izar, même profondément. Ca effleure le coeur non pas des doigts glacés de l'anxiété, mais de quelque chose de bien plus doux et chaleureux. Alors les siens se referment doucement sur un pan, comme pour l'avoir plus près de lui, et y a le trouble d'un murmure qui dans la nocturne ondoie. « ... Merci. » Sincérité profonde qui empli la voix et la dépasse. Il ose la regarder à nouveau, par dessous la frange de ses cils, lancer l'ancre de sa pupille dans les siennes - et tant pis si elle perçoit les brumes de l'incertitude et les vagues d'eau troublées, tant pis si elle les voit. « Je la garderai pour toi, » comme d'un trésor, qu'il n'ajoute pas, « jusqu'à ce que tu en aies à nouveau besoin. J'en prendrai soin, pour quand tu la récupéreras. »

Et dans ce nouveau monde, dénué des bruits de l'univers, il tente de s'exorciser de ses doutes, Izar. Il s'arrête là, malgré son regard qui ne bouge pas, et il s'empêche de les manifester, d'exprimer sa mauvaise estime de lui, de dire qu'il ne mérite pas ce cadeau d'elle. Il la prend comme exemple : forte et déterminée, indéfectible et immuable sous les vents et les marées, sous la tempête des éléments. Elle a fait ce choix, pas sans réflexion ni conséquences. A lui de montrer qu'il le mérite.
Il peut, en revanche, la remercier. Y a un sourire qui fleurit sur les lèvres alors qu'il fouille sous la cape, jusqu'à trouver des éclats de ces pierres qui emplissent toujours ses poches. Labradorite et ses reflets boréaux pour la protection et la régénération ; et quartz pour amplifier son pouvoir. Surtout, c'est autour de son cou qu'il récupère la chaîne aux reflets lunaires et l'améthyste qui y pend. C'est à son tour, maintenant, de sortir sa baguette, et l'argent du bois fend la nuit de souples arabesques. Il souffle un sort, qui monte les pierres sur le collier, avant de la blottir dans le creux de ses mains pour le charmer. Un sort découvert pour protéger - pas parfait, pas immuable, mais c'est de ces protections intangibles, invisibles, qui ont leur importance et éloignent les mauvais tours de la chance. C'est peu, déséquilibré pour elle, mais comme elle lui a offert sa cape, lui aussi veut lui donner. Il veut aussi la protéger.

Son oeil la retrouve lorsqu'il les rouvre, et il hésite un peu soudain, pris par l'incertitude de son acceptation. Mais il ose, encore, il s'approche un peu plus d'elle, dans l'inconscience et la trop grande conscience. Y a plus que les souffles et le bruissements des vêtements, dans l'espace réduit entre les corps, au point qu'il peut sentir sa présence plus clairement que jamais auparavant - une chaleur dans les tissus minces de l'univers. Il s'arrête pas pour considérer tout ça, sous peine de s'éloigner et de ne plus oser. Précautionneusement, il touche le poignet de Brygida, l'effleure plus qu'il ne le prend pour découvrir sa paume et y laisser le collier tout juste confectionné. « Pour toi. Parce que tu sais, Brygida, c'est toi qui ne fait que donner. » Les doigts s'effleurent quand déjà il la relâche, mais si ses joues chauffent dans l'obscurité, c'est pour bien plus que ça. Mélange qui pulse dans la caboche, la sensation d'être bête à ne donner que ça, et le trouble, et l'irréalité du moment, l'incertitude et l'incompréhension de ses propres pensées. « Tu donnes et tu te donnes, toujours, à tous. Et peut-être que tu ne le vois pas, peut-être que tu arrives à convaincre les autres de l'illusion, » A son tour de la regarder, avec cette sincérité dans le regard. « mais je le vois. » Il annonce doucement, comme un secret qu'il lui souffle dans l'air pour ne pas brusquer, pour rassurer. Mais lui ne lui laisse pas d'autres choix que d'accepter. Il ne sait pas tout mais il sent et il se doute. Et il sait que ça a son importance, même s'ils feignent, même s'ils font comme si ce n'était rien.
Même si, comme si.


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